La traduction agroalimentaire à l’épreuve du terrain : retours d’expérience du salon Agro Hauts-de-France d’Arras

ATI traduction agroalimentaire

Le salon Agro HDF d’Arras, vitrine incontournable de l’innovation et des enjeux du secteur agroalimentaire dans les Hauts-de-France, a une fois de plus réuni les acteurs clés de la filière.

Cette année, j’y ai vu une opportunité unique d’échanger avec des exposants sur un sujet souvent sous-estimé, mais crucial pour leur développement international : la traduction agroalimentaire. Armée de ma curiosité et de mon carnet de notes, et accompagnée de mon bras droit Anaïs CANAL, je suis partie à la rencontre de ces spécialistes pour recueillir leurs témoignages sur la gestion du multilinguisme au quotidien. Leur retour ? Un mélange de pragmatisme, de défis persistants et d’innovations timides.

Communication interne et traduction agroalimentaire : l’anglais, une évidence inégale

Dans un secteur où les groupes agroalimentaires étendent leurs activités à travers l’Europe, l’anglais s’impose naturellement comme langue de travail. Pourtant, sa maîtrise varie fortement selon les pays. Les exposants installés dans les pays du Nord (Pays-Bas, Allemagne, Scandinavie) confirment une aisance remarquable, souvent héritée d’un enseignement précoce et d’une culture d’entreprise résolument tournée vers l’international. À l’inverse, dans les pays du Sud (Espagne, Italie, Portugal), les freins linguistiques persistent, limitant la fluidité des échanges entre sites.

Pire : même lorsque les moyens existent, le respect des consignes linguistiques n’est pas toujours au rendez-vous : les équipes multiculturelles censées communiquer en anglais, par manque d’habitude, d’aisance ou de cadre, finissent par reprendre leur langue maternelle, excluant les membres de l’équipe moins nombreux qui ne parlent pas leur langue. Résultat ? Des malentendus, des retards dans les prises de décision, et in fine, un frein concret au développement de l’entreprise.

Un constat qui rappelle que la traduction agroalimentaire, comme dans tout domaine, impacte directement la performance opérationnelle.

ATI Traduction agroalimentaire
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Communication externe : l’IA, une alliée encore perfectible

Côté communication externe, l’intelligence artificielle commence à séduire. Les outils de traduction automatique comme DeepL ou Google Translate sont de plus en plus utilisés pour produire des contenus multilingues (brochures, sites web, etc.). Cependant, leur adoption soulève deux problèmes majeurs.

D’abord, le manque de compétences linguistiques des personnes désignées pour relire les contenus produits : peu d’entreprises disposent en interne de profils capables de valider la qualité des traductions, surtout pour des textes techniques ou marketing où la précision terminologique est vitale.

Ensuite, les risques liés à la terminologie et à la cohérence du message. Une erreur de traduction sur un emballage ou une notice peut non seulement nuire à l’image de marque, mais aussi engager la responsabilité juridique de l’entreprise.

Enfin, la confidentialité des données reste une préoccupation, notamment pour les groupes qui manipulent des informations sensibles. De nombreux exposants nous ont par exemple confié prendre en photo des contrats et autres documents confidentiels pour en demander une traduction à leur LLM favori**, sans s’inquiéter du respect de la RGPD** ou de la confidentialité des données. Autant de défis qui montrent que l’IA, si elle facilite la tâche, ne remplace pas l’expertise humaine en traduction agroalimentaire.

Et demain ?

Ces retours du terrain dessinent un paysage contrasté : des besoins croissants en communication multilingue de qualité et réactive, mais des solutions encore trop souvent improvisées. Pour les entreprises agroalimentaires, l’enjeu est double :

  • Former leurs équipes à une communication interne plus harmonieuse, plus efficace ;
  • S’entourer de partenaires spécialisés pour garantir des traductions externes irréprochables qui sauront les distinguer de leurs concurrents.

Au-delà des mots, c’est bien la crédibilité et la compétitivité de l’entreprise qui sont en jeu.

Un grand merci aux exposants qui se sont prêtés au jeu et ont répondu à nos questions ! 

Un besoin en traduction ou en interprétariat ?